Un tête-à-tête avec

Une amoureuse : Yaoya Oshichi

Yaoya Oshichi, la fille d’un marchand de légumes du quartier de Hongō à Edo, a 15 ans. C’est une jolie fille qui a bonne réputation, elle aide sa mère, confectionne des vêtements et participe au commerce de son père, comme l’indique son prénom, Yaoya, littéralement : marchande de fruits et légumes. 

Tukiokayositosi-YaoyaOsichiEn décembre 1682, un grand incendie se déclare et ravage la ville. Ces sinistres sont fréquents à l’époque. Le quartier a été construit rapidement, est très animé. Comme beaucoup de familles, Yaoya et ses parents quittent leur maison et se réfugient au temple Enjō-ji. C’est là que Yaoya rencontre le jeune Ikuta. Il travaille au temple. Elle en tombe éperdument amoureuse. 

Alors qu’ils doivent se séparer, Yaoya a une idée. Elle allume un nouvel incendie dans l’espoir de revenir au temple et de revoir Ikuta, et peut-être, en profitant de la pagaille, s’enfuir avec lui. 

Après avoir exécuté son projet, elle est rapidement arrêtée. La loi est ainsi faite, inspirée du Talion : tout incendiaire âgé de seize ans ou plus doit être brûlé vif. Yaoya, en raison de son jeune âge, peut demander une grâce. Le juge l’interroge, insiste, mais elle refuse de prétendre avoir moins de seize ans. Elle périt donc sur le bûcher à Suzugamori. 

Née l’année du « cheval de feu », qui porte désormais malheur aux jeunes filles dans la tradition japonaise, Yaoya a inspiré les romanciers et les dramaturges. Dans la pièce Date musume koi no higanoko, Yaoya n’allume pas d’incendie mais brave l’interdiction de sonner la cloche sans raison pour sauver la vie de l’homme qu’elle aime. Elle choisit également de faire face à son destin et est condamnée à mort. 

Son jeune âge, l’inconséquence de son geste, en tout cas considéré sous un angle raisonnable, par un regard adulte, et sa volonté de ne pas se dérober à sa peine, font de Yaoya Oshichi une icône de la passion amoureuse, entière et excessive. L’adulte, le juge, semble par sa clémence lui demander si cela en valait bien la peine. Imperturbable, Yaoya répond que oui, la passion, même brève, fugace, toujours dévorante, vaut bien la vie. 

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