Rétrospective

Juin, juillet, août, septembre, octobre …

Il faut que je vous raconte. Pas Miami, pas Venise, pas Paris, ni Tokyo. Ça, ce sont les chambres d’hôpital de jour, les poches bleues et les gentilles infirmières, ça c’est un autre chapitre qui mérite (peut-être) son développement.

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Plage de Carteret, juillet 2018, juste avant la fin de France-Belgique

Il faut que je vous raconte, ça, je le peux, un road-trip dans le Cotentin, parce que le paradoxe est trop beau. L’endroit le plus frais de France se défend bien. Lumières à vous damner, sable gluant et plein de petites pierres brillantes, des villes côtières du bout du monde, la périphérie de Cherbourg, le centre de Cherbourg, le soldat américain suspendu au clocher de Sainte-Mère-Église, les mouettes, beaucoup de mouettes, du vent, des perspectives, des horizons découpés au scalpel, de l’air pur à s’en rendre saoul. C’était l’été. Les feuilles mortes tapissent les trottoirs de Paris désormais, nous sommes en automne et nous n’avons rien vu venir.

Au chapitre de l’été, j’ai lu quatre livres écrits par quatre femmes modèles, écrivains du Proche-Orient, de la féminité, des nationalismes bancals, de la liberté chérie. Le feuilleton paraît en ce moment chez Causeur. « Surtout si vous n’êtes pas d’accord », j’ai décidé de leur donner la parole.

Naphtaline, de l’Irakienne Alia Mamdouh,

Ferdaous, une voix en enfer, de l’activiste égyptienne Nawal El Saadawi, une perle biscornue cachée dans une grenade,

Du côté de la Cisjordanie, l’immanquable (vraiment) roman de Sahar Khalifa, L’impasse de Bab Essaha,

Et Les portes du néant de Samar Yazbek, je n’en dis pas plus au risque de ne pas m’arrêter d’en dire du bien et du bouleversement et de l’admiration.

Quoi d’autre ? La Hongrie, ah oui. Lisez la littérature hongroise, je vous le demande solennellement. Lisez la littérature de la Mitteleuropa. Trains étroitement surveillés de Bohumil Hrabal est magistral de concision et d’humour sur ce qui n’est habituellement pas drôle. Sandor Marai, évidemment : Ce que j’ai voulu taire et Libération, définitifs sur la période 1944-1960. Le gigantesque fou rire et la démonstration d’humour hongrois ravageur, si ça vous tente, c’est Le Traducteur cleptomane et autres histoires, de Dezso Kosztolanyi.

L’occasion de s’incliner devant les maisons qui traduisent, publient et diffusent aujourd’hui encore le génie littéraire hongrois.

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Sandor Marai, demi-sourire, génie hongrois jusque dans le choix du béret. 

Autres horizons, la Belgique et Ostende : j’ai lu Ostende 1936 de Volker Weidermann, où l’on côtoie d’assez près Zweig et Josef Roth pour avoir envie que l’été à Ostende ne s’achève jamais.

J’ai lu pour la première fois en entier Le Château. Qu’est-ce que j’ai ri.

J’ai lu Après Gerda, tentative au résultat mitigé par Pierre-François Moreau de faire parler Robert Capa de la mort de l’amour de sa vie.

Pour le compte de la rentrée littéraire dont j’ai déjà parlé ici, j’ai aimé Federica Ber de Mark Greene, Tu t’appelais Maria Schneider, de Vanessa Schneider, Roissy, de Tiffany Tavernier, affaires à suivre.

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« Hiver », de Vilhelms Purvitis, 1908

Je ne suis pas allée au cinéma.

Je suis allée au Musée d’Orsay, voir l’exposition désormais close autour du symbolisme dans les pays Baltes. C’était assez déroutant, parfois carrément beau, d’autres fois, carrément moche, c’était surtout une découverte totale, donc c’était bien.

Je suis allée sur Netflix, ça, oui… Et j’ai encore eu le vice de préférer le petit au grand écran. J’ai vu :

Le Teckel, de Todd Solondz. Qui se passe de commentaires, si vous êtes du genre réfractaire à l’humour noir.

Les garçons et Guillaume, à table, de Guillaume Gallienne, que tout le monde avait déjà vu et adoré, je m’ajoute à la liste et je crie au talent.

Nous irons tous au paradis. Oui, bon, voilà.

Les hommes de la mer, de John Ford, chef-d’oeuvre photographique, mélancolique et maritime méconnu. Jetez-vous dessus, s’il-vous-plaît.

Music Box, de Costa Gavras. Je peine encore à m’en remettre.

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Le sex-symbol des années 1910, mademoiselle Lily Elsie

Entre deux plages de temps, assez moches et désertiques, où je ne vois rien, je sors mes jumelles pour tracer à gros traits mon programme de la rentrée.

Et vivement l’hiver.

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3 commentaires sur “Juin, juillet, août, septembre, octobre …

  1. Chère Marie Chère,

    Votre blog est d’une lecture très agréable. Je vous en félicite. Permettez-moi tout de même de vous signaler que Bohumil Hrabal était un écrivain pragois : il n avait donc, que je sache, rien à voir avec la Hongrie.
    Cela dit, je lirai la suite de votre blog avec plaisir.
    Ivan Farrin

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    1. C’est bien aimable. Je vous donne cent fois raison. Ma magyarophilie m’aveugle un peu, il manquait à la phrase et au paragraphe la grande et belle idée de Mitteleuropa, qui englobe le tout.

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