Rétrospective

Avril-mai 2018 : les tourterelles ont fait le printemps…

Au mois d’avril, j’ai compris une chose qu’il a fallu du temps à résumer. En lisant Au Nord de Mogador, le recueil de William Cliff paru ce printemps, la nécessité de la poésie m’a frappée. Ce doit être parce qu’il a beaucoup plu et qu’il pleuvait beaucoup dans les poèmes de Cliff. Que Cliff aime prendre des trains, lever les yeux vers les toits des vieilles gares ou observer les voyageurs gris des trains de banlieue. Une très ancienne musique, celle de la mélancolie douce et des averses d’avril, voilà ce que raconte Au Nord de Mogador. Entre autres.

Presqu’à l’autre bout de l’Europe, une autre terre, une autre histoire me susurrent des jolies choses. La Slovaquie, La Mort s’appelle Engelchen, le grand roman de Ladislav Mňačko sur la résistance, les maquis, et ceux qui s’en sortent vivants. Il faut chercher ce titre chez les libraires d’occasion un peu barrés, et rien que pour ça, ça vaut le coup …

Tant que j’y étais, et puisque tout le monde sait qu’il suffit de prendre un train direction Nyugati pályaudvar pour gagner la Hongrie, j’ai lu Sombre dimanche, la fresque historico-hongroise d’Alice Zeniter. J’ai encore lu un Sándor Márai, parce que c’était lui, parce que c’était moi, et vous me direz comment ne pas se pâmer d’admiration en lisant Métamorphoses d’un mariage.

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Budapest, Andre Kertész

 

Du coup, j’ai voulu revoir Le Pianiste de Polanski, et je l’ai revu. Et dans un tout autre registre, j’ai rencontré grâce à Claire Daudin un cousin éloigné de Van Gogh qui avait vu la Vierge, le « peintre aux outrages » Charles Filiger.

Le 8 mai avec les fanfares et le défilé approchant, j’ai revu pour la centième fois Casablanca, et je suis encore tombée amoureuse de Victor Lazlo. Et d’Ingrid Bergman.

En plein orage, c’était plus fort que moi, je suis repartie à l’Est en pensées. Les Carnets de guerre de Vassili Grossman, Un Autre, d’Imre Kertész, comme un miroir déformant de l’un à l’autre, d’un regard à l’autre sur le chaos qui n’en finit pas de ne pas dire son nom.

Quand mon papier sur le dernier (et formidable) roman de Pierre Cendors, Vie posthume d’Edward Markham, est sorti, on m’a demandé s’il m’arrivait parfois de m’amuser. Je veux dire, autrement qu’en lisant des romans sur le dédoublement de la réalité. Chacun son truc.

Alors oui. J’ai ri comme une baleine devant Les grandes ondes, le film bête et délirant sur les journalistes suisses plongés par hasard en pleine Révolution des Oeillets. C’était aussi l’occasion de revoir Michel Vuillermoz, que j’ai retrouvé en chair et en os, sur scène, dans La Tempête de Shakespeare à la Comédie-Française. Et c’était formidable. Mais je vous épargne le genre de commentaires que font les gens en sortant du théâtre. On préfère les faire soi-même.

75a95a05ea4c2b28cc716efd23ee5e5eSur Netflix, le documentaire sur le « Club des 27 » (Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morisson et Amy Winehouse) est franchement dispensable. Il vaut mieux réécouter les Doors. Ou les Yardbirds, le premier groupe de Jimmy Page, qui jouent en live dans Blow Up d’Antonioni, et que j’avais trouvé le moyen d’oublier.

Enfin, l’été approche, même si pour l’instant on pense plutôt paratonnerre que crème solaire. C’est le moment d’aller traîner ses savates à la grande exposition Willy Ronis par Willy Ronis, à Ménilmontant, et sûrement, de revoir César et Rosalie.

 

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