Non classé·Rétrospective

Février, voleur de temps …

Février est un voleur de temps patient. Mine de rien, deux jours grignotés à la fin, des après-midi entiers gelés par le froid, le verglas, la neige, des heures passées à se réchauffer, à tendre et détendre ses doigts pour les rendre à l’écriture… Quand il s’achève et que commence le mois du printemps, que nous reste-t-il ?

 

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Des souvenirs de lecture qui ne s’étiolent pas. Svetlana Alexievitch, La guerre n’a pas un visage de femme, survivra dans ma mémoire à la fonte des glaces. Par des souvenirs, des flashes inattendus, il s’impose comme ce que je n’aime pas appeler un livre essentiel.

Une vie sans fin, de Frédéric Beigbeder, deux demi-journées glacées, j’ai aimé la fin de cette « vie sans fin », ce retour sur lui-même du romancier encore assez blasé pour rire de lui.

 

C’est La chambre de Jacob, de mon âme-soeur Virginia Woolf qui m’a redonné foi en la lecture. Un cap important. Je faisais mine, je n’y croyais plus, et avec Virginia, la magie revenue, l’écriture n’était plus une abstraction, plutôt un papillon dansant au bout du tunnel, à vue.

Il y a eu, ensuite, Peter Handke, La femme gauchère. L’Autriche me manquera toujours.

Et le dernier opus de François Bott, Un hiver au Vésinet, une merveille, un joyau scintillant sur la neige qui recommence à tomber, avec toute la délicatesse, le style, la grâce qui tressent et tresseront longtemps de doux lauriers au grand François Bott.

Le coup de coeur de 2018 est arrivé tôt, avec fracas, c’est Si nous ne brûlons pas, de Justine Bo, et je suis prête à en prendre le pari : je persisterai et signerai en décembre prochain, Si nous ne brûlons pas est le roman violent de notre jeunesse lâchée sur une Terre désaxée – ou l’inverse, qui sommes-nous, après tout, pour nous en assurer. Nous ne nous assurons de rien. Nous brûlons.

La guerre n’a toujours pas un visage de femme. Pour longtemps encore ?

C’est ce que donne à penser le premier roman d’Arnaud de La Grange, Les Vents noirs : une folie, un tourbillon enivrant, une audace de gosse dans l’écriture, un nouveau coup de coeur. Lisez-le, même après tout le monde, même après cent ans.

Lisez toujours et relisez les Rêveries d’un toxicomane solitaire, chez Allia, pour la vénéneuse beauté des vapeurs d’héroïne, pour un héros anonyme de l’héroïne, un dandy de la piqure.

 

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J’ai lu avec intérêt et éclats de rire la Mélancolie bourboulienne de mon ami le génial homme invisible Léon Glaputz.

J’ai lu avec autant d’intérêt l’introspection américaine de mon ami Patrick Declerck, New York Vertigo.

 

Et enfin, parce que la guerre n’a peut-être pas un visage de femme, mais que la vengeance tend à lui ressembler, je vous recommande Nora, de Louise Anne Bouchard, qui fait frissonner Lucerne et dont nous aurons à reparler…

 

Au cinéma ? Il faisait trop froid.

Sur mes écrans ?

Le documentaire DDR d’Anne Amzallag, sur le désarmement de l’armée afghane en 2004. Une immersion totale, pour les amateurs du genre, est disponible sur Youtube.

Un vieux classique, Philadelphia, qui m’a fait pleurer toutes les larmes de mon corps. Je pense que nous nous comprenons.

J’ai vu Rebecca d’Hitchcock, pour étendre ma connaissance et frissonner encore plus.

J’ai revu Mulholland Drive, dont les images me hantent toujours.

 

 

Et ?

 

C’est tout. Laissez les marmottes hiberner quelques semaines encore !

 

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