Rétrospective

Octobre en un frisson …

En octobre, j’ai reçu la visite de la grippe, entre autres créatures précocement halloweenesques. J’ai parlé à la radio, j’ai bu des litres de tisane, j’ai rencontré des gens, je me suis mise en colère et enthousiasmée. J’ai lu.

J’ai lu Le Loup des steppes. Si vous ne l’avez pas encore lu mais que vous comptez y remédier – et même si vous l’avez lu, l’exercice fonctionne – commencez par vous demander qui vous a conseillé cette lecture. Il peut y avoir là un message à peine caché. Tâchez d’en tirer le plus grand profit possible. Relisez-le, repensez-y, revenez-y. Le Loup des steppes n’est ni celui dont on vous a parlé, ni celui que l’on croit aux premières pages. Je me demande encore pourquoi j’avais été si vivement encouragée à le lire. C’est bon signe.

 

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J’ai lu Je m’en vais de Jean Echenoz, j’ai acheté quelques uns de ses autres romans, pour avoir à portée de main encore un peu de cette façon si familière de voir.

J’avais le tournis. J’ai lu Les Vagues de Virginia Woolf. Il reste ouvert à l’intérieur de moi comme un monde vrai, pas loin du coeur.

Les vagues, et les animaux marins : Le grand amour de la pieuvre, de Marie Berne, était une belle découverte.

J’ai lu Autoportrait d’Édouard Levé. Je pense que c’est un livre magique. Personne n’y lit la même chose, et on ne tombe pas deux fois sur le même livre en le relisant. J’essaierai.

J’ai lu un roman de Jake Adelstein sur les yakuzas. L’auteur est devenu prêtre bouddhiste depuis le printemps dernier. La vie, ce que ça peut produire, des fois, comme étincelles.

À propos d’étincelles : le nouveau livre de Cyril Huot en contient une poignée. Cela s’appelle Secret, le silence, c’est baudelairien, doux, torturé, c’est un bon livre.

Premier Amour de Tourgueniev est aussi un bon livre, parce que je suis bon public des amours tourmentées.

Avant d’attraper la grippe, j’ai eu le temps de travailler à des choses plus élevées que les déplacements des virus dans l’air parisien : j’ai relu Histoire et utopie, l’indispensable livre de Cioran, et Utopie – en anglais modernisé pour la première fois. J’ai été impressionnée d’une nouvelle manière par la puissance, la pertinence, la richesse du propos et surtout de ses sous-entendus, de son inévitable désuétude ne naît pas un sentiment de supériorité, bien au contraire. Nous aurions donc à apprendre du passé ? Sapristi.

J’ai lu le petit livre qu’a consacré Alfred Eibel à Fritz Lang. C’était pour ma consommation personnelle. Il faut absolument lui adjoindre les imitations de Lang par Eibel lui-même pour que le tableau soit complet.

J’ai lu un petit Balzac, La fausse maîtresse. Savoir que je suis encore loin d’avoir lu tout Balzac est une de mes sources de joie favorites.

Pour les joies amères, lisez les Journées perdues de Frédéric Schiffter. Boire à la paille l’amertume et l’ennui, c’est son truc.

Hier encore, j’ai lu Le crime de Halloween. Quand j’ai la grippe, seul Hercule Poirot est de bonne compagnie.

Hercule Poirot et Netflix, ok.

 

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Ce que j’ai vu sur Netflix et ailleurs :

J’ai terminé la saison 4 d’American Horror Story. J’ai vu la première saison de Mind Hunter, une formidable mise en scène de l’invention, par les spécialistes en sciences comportementales du FBI dans les années 1970 de la notion de « serial killer ».

J’ai vu des films de saison : je gardais un bon souvenir de Dead Silence, bon souvenir confirmé, sans plus.

Une création originale Netflix m’a laissée totalement indifférente : 1922, une histoire de meurtre, de famille, de champs de maïs et de culpabilité… Salade mal mélangée.

J’ai aussi revu Mama, dont le seul intérêt est Jessica Chastain.

Plus sérieusement, j’ai vu Le Démon s’éveille la nuit, et comment vous dire. Il faut imaginer Et Dieu … créa la femme, mais avec Barbara Stanwyck, Fritz Lang, Marilyn Monroe et Alfred Hayes chacun dans un coin du générique. La valeur ajoutée est incontestable.

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J’ai vu Les Amants, où Jeanne Moreau est très belle, où le clair de Lune est magnifique et les dialogues de Louise de Vilmorin.

J’ai revu Le Troisième Homme. N’est pas né celui qui m’en empêchera.

Et puis Casablanca. Casablanca, c’est un très bon film. C’est ce qu’on m’avait dit, je le répète.

 

 

 

Et maintenant, on part pour la pêche aux chrysanthèmes, c’est ça ?

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