Rétrospective

Rétrospective : hélas avril en vain me voue …

inconnue01

À la sempiternelle question « les bons livres donnent-ils de mauvais films ? » et vice-versa, j’ai décidé de ne pas répondre. J’ai confronté Stefan Zweig et Max Ophüls : la Lettre d’une inconnue, à l’écran avec Louis Jourdan dont il faut tomber amoureux, sinon, on rate quelque chose dans la vie, et à l’écrit avec la plume de ce cher Stefan, tellement souple et habile que c’en est désespérant. Désespérant comme l’amour. Bref.

Je suis arrivée au sommet de La Montagne magique. Ancienne traduction, livre de poche écorné et mal imprimé, mais quel déchirement. Je ne suis pas encore prête à voir l’adaptation dont j’ai entendu murmurer qu’elle était mauvaise. Autant adapter les crises d’asthme de Proust au cinéma, les meilleurs s’y sont cassé quelques dents …

Par contre, il y avait Le Samouraï à la télé, un soir où il pleuvait. Il pleut toujours plus fort sur le borsalino d’Alain Delon, sur son petit bouvier en cage, et son revolver pas chargé.

J’ai relu les Cinq leçons sur la psychanalyse. Toujours utile, avant de coller l’étiquette « hystérique » sur, au hasard, un candidat à une élection présidentielle. Et comme cas pratique, j’ai choisi le fugitif le plus dérangeant de ces dix dernières années, et l’enquête de Samuel Doux, L’éternité de Xavier Dupont de Ligonnès. Voyez l’épisode de « Non élucidé » qui lui est consacré. Personnellement, je regarde « Non élucidé » avant de m’endormir. Surtout depuis que j’ai terminé la saison 1 de la meilleure série française de tous les temps (oui, j’exagère), Dix pour cent, dont les épisodes de la saison 2 passent en ce moment sur France 2.

Autre cas pour le docteur Freud : Elizabeth Taylor, traumatisée et traumatisante dans Soudain l’été dernier. En termes de soleil de plomb et de famille sinistre, cela vaut mieux qu’Un orage immobile, le roman de Françoise Sagan, qui m’a vue pour la première fois préférer autre chose à Françoise Sagan …

Il y a Antoine et Antoinette, la petite musique de Jacques Becker sur Paris et les Parisiens disparus depuis longtemps. Et dans le même genre, mais pas tout à fait quand même, le dytique Papa, maman, la bonne et moi, suivi de Papa, maman, ma femme et moi. Tout est dans le titre, ajoutez Robert Lamoureux, et voyez-les dans le désordre, il n’y a qu’ainsi que l’on apprend à écrire des sagas.

Il y a eu quelques battements de coeur. Peu pour le garde-chasse de Lady Chatterley et ses seins en forme de poires sans OGM. Beaucoup pour l’hommage rendu à Alain-Fournier par Pierre Cendors, Minuit en mon silence, en librairie bientôt. Des carrés de chocolat et des spaghettis roulés en boules de souvenirs dans Bref aperçu des âges de la vie, de l’incomparable Jean-François Duval. Un bouquet d’orchidées sous la pluie à Séoul, c’était Tu m’aimes donc, Sonyong ? de Kim Yeonsu et des points d’interrogations heureux pour Faire le garçon, une enquête sur le mâle, mais quel mâle, par Jérôme Meizoz.

Il reste un peu de place pour la politique. Je ne milite pas, je conseille : Pane e cioccolata, pour voir l’immigration d’un autre oeil, avec Nino Manfredi en clandestin impayable. La Dame de Fer, le biopic sur Margaret Thatcher, où l’on voit que même les plus durs finissent par ramollir. Being there (Bienvenue Mr Chance), où l’on constate qu’un jardinier aux grands yeux de biche deviendra bientôt président des États-Unis. À moins que vous ne préfériez lire le roman d’abord…

beingthere

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s