Rétrospective

Rétrospective : mars sous les sunlights …

Le Diable emprunte parfois les chemins les plus inattendus pour venir frapper à notre porte. C’est au chevet du printemps qui naissait à peine qu’il est apparu. Il y a eu Le Diable au corps, de Raymond Radiguet, il y était plutôt sage. Il y a eu La grande peur dans la montagne, où Ramuz loge le démon juste dans les plis de nos terreurs. Dans Le Retour de Casanova, le roman de Schnitzler, Satan revêtait déjà un habit viennois des plus inquiétants, et puis en se découvrant, il avait pris les traits d’Orson Welles, l’énorme, la fantastique éminence grise du Troisième homme.

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Il a bien fallu célébrer autrement le soleil et les bourgeons. Je l’aimais, avec Marie-Josée Croze en déesse froide, un film romantique au sens des drames où l’on se tue pour celle qu’on aime. Les Souhaits ridicules, le troisième roman de Pauline Klein où l’on cherche le loup disparu. Montrez-moi vos mains, les mémoires de soliste d’Alexandre Tharaud, et Prix de beauté, célébration de l’espièglerie démoniaque qui accompagne parfois les beautés comme leur ombre. On a rarement fait mieux que Louise Brooks pour dire « je ne l’ai pas fait exprès » à un mari jaloux.

 

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Le mâle, si l’on veut, c’était Kirk Douglas en dernier des cow-boys dans Seuls sont les indomptés. Il faut pleurer à la fin, sinon on n’a rien compris.

Il faut pleurer d’ennui devant Eyes Wide Shut qui ne se hisse pas à la cheville de son inspiration, La Nouvelle Rêvée (Die Traumnovelle, pour les fanatiques de la traduction).

Il faut pleurer de ravissement, si l’on veut, pour Bette Davis dans All about Eve.

Les femmes sont dangereuses pour les femmes, c’est une théorie bien rodée. Ainsi la « it » girl Clara Bow se blesse-t-elle toute seule, dans la biographie qui lui est consacrée, Le sourire de Gary Cooper. Ainsi la bande d’Emma Watson se trouve-t-elle prise à son propre piège dans le léger film de Sofia Coppola, The Bling Ring, qui n’est pas une satire de la société du spectacle mais une satire de lui-même. C’est facile, comme le scénario et la réalisation, mais ça fonctionne, allez savoir.

La plus grande chose que j’aie vue ce mois-ci, finalement, c’était le film que Park Chan-wook que j’avais manqué au cinéma – je manque toujours les films au cinéma – Mademoiselle.

Et les hommes, alors ?

Il en reste quelques uns. Il y avait le lutin farceur de la Lost Generation, Robert McAlmon, dans La Nuit pour adresse. Il y avait Ginger Rogers et Ray Milland chez Billy Wilder, dans The major and the minor (le titre francisé vaut le coup aussi, ce qui est assez rare : Uniformes et jupons courts).

Ajoutons Thomas Morales célébrant Belmondo et Stéphane Guibourgé Alain Delon, et pour finir, Fernandel, dans Le confident de ces dames. Et si Fernandel était la vraie caution glamour de ce mois de mars, vous feriez quoi pour empêcher ça ?

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