Littérature francophone

Grandeur et décadence de Hollywood

Sophie Pujas signe la biographie romancée de la première « it » girl, Clara Bow

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Miss Bow voit le jour dans une famille digne des Misérables, au matin du vingtième siècle. Son père, violent, alcoolique, incestueux, est engagé comme manoeuvre sur Coney Island, dans une fête foraine surnommée « le paradis du pauvre ». Des grandes roues, des labyrinthes, des tirs à la carabine et de la musique de fanfare naît le cinéma, la machine à rêves qui ne tarde pas à attirer comme un aimant toutes les jeunes filles à marier que compte l’Occident. À New York, Clara Bow, garçon manqué, gosse des rues à l’argot indécrottable, se paie le culot d’envoyer sa candidature (une photographie, prise pour cinquante cents) au magazine « Motion pictures » qui promet une entrée « dans le royaume du cinéma » à la gagnante. On pense à l’espiègle Lucienne, campée par Louise Brooks dans Prix de beauté, espérant en secret être élue Miss France…

Pas de chance, Mrs Bow « croit à l’indignité de la séduction » et Clara est la seule à espérer l’emporter sur toutes ses concurrentes au visage plâtré de fards. Pas de chance, énorme coup de chance, elle est sélectionnée. La veille de son départ pour les studios, sa mère tente de la poignarder dans son sommeil. Clara restera insomniaque pour le restant de ses jours.

Elle tourne des bouts d’essai, c’est le temps du muet, et elle crève l’écran. C’est que Clara Bow n’imite pas les vedettes du temps, Mary Pickford en tête : elle a son style, elle rit de son propre rire, bouge avec son propre corps, pleure avec ses tripes, une recette imparable.

De navets en scènes coupées, Clara Bow, débordante de vie, de joie, de lumière, malgré son passé lourd à porter et son existentielle solitude, devient une vedette, elle écrit avec d’autres la légende noire et dorée d’Hollywood dans les années folles. La Paramount décide d’en faire l’incarnation de la jeune femme moderne, icône des rugissantes années vingt, des filles qui choisissent elles-mêmes leurs amants. C’était il y a cent ans. Celles que l’on appelait les « flappers », en imitant le claquement de leurs mules, les chaussures les plus faciles à ôter, volent de fêtes en fêtes, sont immortalisées par la plume de Scott Fitzgerald. Les femmes d’aujourd’hui, les femmes libres, les flappers, et les autres, ont une dette envers toutes les Clara Bow d’il y a un siècle, en conclut Sophie Pujas.

Clara Bow a le « truc » en plus, ce « it » indéfinissable, qui empêche de vieillir toutes les pellicules où elle apparaît.

 

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Avec Gary Cooper, rencontré tout jeune figurant, c’est l’amour fou, pur, kitsch. « Clarita » et « Garyto » forment un couple star, et Clara s’étend un peu trop sur les détails, sur l’anatomie de son amoureux, vante ses nuits blanches. Clara parle trop, elle est heureuse, vivante. Elle dérange, pourtant. Trop seule, trop « à fleur de peau », elle traîne de plus en plus difficilement les fantômes du passé, et ses provocations vont déjà trop loin. Louise Brooks, Joan Crawford, ses cadettes, ses admiratrices, ne la fréquentent pas. En 1932, elle se voit offrir un exemplaire dédicacé par son auteur de Mein Kampf. Clara hausse les épaules et répond : « madness ».

Les projecteurs finissent par s’éteindre. Par choix ou par fatalité, Clara Bow ne survit pas à la mort du muet. On pense alors à la bataille déchirante livrée par Gloria Swanson, star déchue dans Sunset Boulevard. C’est sur le corps et le visage de Clara Bow, à partir d’eux, que s’est gravée l’histoire du cinéma hollywoodien. Sa carrière s’achève en 1933.

« Ce sont les limites de la légèreté. Quand le monde devient authentiquement fou, elle ne suffit plus. »

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Sophie Pujas, Le sourire de Gary Cooper – L’Arpenteur, 107 pages.

 

 

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2 commentaires sur “Grandeur et décadence de Hollywood

  1. Chère Marie Céhère, je lis toujours votre blog avec curiosité et intérêt. Ne sachant jamais où vous joindre, je vous signale la sortie de mon prochain livre, qui aura pour sujet ce que j’expose dans le paragraphe suivant.
    Bien à vous,
    O.M. et le blog « En défense de David Hamilton »
    Léonard David Hamilton, photographe britannique, né à Islington le 15 avril 1933, fils d’Archibald Hamilton, disait dès octobre 2016 qu’il craignait d’être assassiné. Un homme qui veut se suicider dit-il cela ?S’il avait voulu se suicider, en outre, pourquoi attendre le 25 novembre 2016 pour le faire puisque le bouquin de son accusatrice, suivi par les insultes d’Ardisson à la télé, datait de fin octobre ? David Hamilton aurait été retrouvé mort, précisément le 25 novembre, « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes ». Simple hasard ? Pourquoi aurait-il choisi ce jour-là ? On l’aurait retrouvé avec un sac de plastique sur la tête, mais la porte de son appartement « ouverte », alors que tous les témoignages concordent pour dire qu’il n’avait plus de proches. On a parlé de médicaments posés près de lui, mais l’autopsie a ensuite exclu une ingestion médicamenteuse. La presse a déclaré tantôt qu’il était mort à 20 heures 55, tantôt à 21 heures 30. On ne sait pas qui a trouvé le corps. On ne sait pas qui a appelé les secours. On ne sait pas qui est arrivé en premier lieu sur place : les pompiers, le Samu ou la presse ? Les versions journalistiques se contredisent toutes. Enfin, sur son acte de décès, qui est un document officiel et que j’ai été le premier et le seul à publier, on lit que « la date de son décès a été impossible à déterminer ». Les autorités, si elles n’ont pas protégé un vieil homme de 83 ans qui avait publiquement déclaré (octobre 2016) craindre pour sa vie, dont l’adresse et le téléphone étaient sur l’annuaire, et qui était (novembre 2016) la cible d’une haine anonyme et féroce sur les « réseaux sociaux », ainsi que d’une campagne de presse hostile orchestrée dans maintes publications, ont-elles vraiment rempli leur rôle institutionnel ? Les scellés ont été placés à 1 heure 45, le 26 novembre 2016, sur la porte de David Hamilton (procès verbal de la 3e DPJ, n° 780). Depuis lors, le silence est tombé. La présomption d’innocence de David Hamilton, pourtant inscrite dans le droit pénal français, a été bafouée. On l’a insulté à la télévision, lui qui n’avait jamais été condamné à rien par la justice, sur un plateau où il n’avait nullement été invité à donner son propre point de vue dans un débat contradictoire et honnête, comme l’exigerait la déontologie journalistique. Aucun avocat, aucun ami de David Hamilton n’a apparemment élevé la voix pour protester, ou pour se poser d’élémentaires questions. Moi, en revanche, j’ai continué à rassembler des témoignages, des documents, des indices. J’en ai trouvé. Je pose sereinement la question : David Hamilton a-t-il été assassiné ? Est-ce que la mort de David Hamilton pue le coup monté, l’orchestration occulte, la mise en scène, la promotion publicitaire, l’enquête pas faite ou mal faite ? C’est ce que se demandent de plus en plus de gens. Voici la réponse.

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