Un tête-à-tête avec

Un tête-à-tête avec… Pierre Kast

1920-1984

 

Il paraît qu’à Paris, si l’on veut être reconnu dans les cocktails, il faut se coller ni plus ni moins que deux étiquettes sur le front. « Alcoolique » et « romancier raté » sont les plus fréquentes, avec « dragueur » et « ira loin si les circonstances lui sont favorables ». Pierre Kast, lui, portait à la boutonnière « dix-huitième siècle » et « Martiens ». « Romancier » et « scénariste », les deux « prometteurs » auraient pourtant suffi.

La première étiquette lui venait de son amitié avec Roger Vailland, lequel l’initia au cardinal de Bernis, à Ledoux et surtout aux Liaisons Dangereuses. Il en retira sans doute un goût pour les aventures amoureuses tordues mais, somme toute, assez chastes, que la postérité a conservé sous la mention « trop intellectuel ».

 

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Les Martiens et la science-fiction, saupoudrés par-dessus les meubles Louis XV, auraient pu délivrer à Pierre Kast la formule du génie. Les petits hommes verts, dans Je sème à tout vent, s’informent de notre monde en consultant les illustrations du Petit Larousse. Fin connaisseur de science-fiction, Kast en reprend les codes sans trop en faire dans Amour de poche.

C’est au milieu de cette histoire de savant raté et d’assistante insistante que j’ai rencontré Pierre Kast. Amour de poche, c’est Jean Marais en professeur ténébreux (comme souvent), qui fait fondre Monette, son élève, et plaque femme et beau-père pour la jeunesse et l’aventure. Le professeur Norman, après trois ans de recherches, est parvenu à produire un élixir de retrécissement : les animaux et les hommes qui l’absorbent se changent en petites statues – maniables, de poche – que l’on ramène à la vie en les plongeant dans l’eau salée. Ainsi retrouve-t-on rhinocéros et éléphants barbottant dans le Vieux Port. Histoire drôle et drôle d’histoire… Mais « la consécration populaire n’a jamais été au rendez-vous » assomment les critiques.

Kast n’est pas plus mauvais qu’un autre, mais il est des êtres maudits dès la racine. Il meurt d’un malaise cardiaque dans l’avion qui le menait à Rome, le même jour que son ami Truffaut, perdant là une dernière occasion de se faire remarquer.

 

À lire

La Mémoire du tyran: treize miroirs pour l’empereur Tibère, JC Lattès, 1981

À voir

L’architecte maudit: Claude-Nicolas Ledoux (documentaire, 1954)

Le Corbusier, l’architecte du bonheur (documentaire, 1957)

Images pour Baudelaire (documentaire, 1959)

Amour de poche (long-métrage, 1957)

La morte saison des amours (long-métrage, 1960)

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