Aparté

Pourquoi j’ai quitté le F.N. (ou pourquoi je n’y suis jamais entrée) ?

Puisqu’on me pose (et se pose) la question … Parce que je ne suis pas faite pour la politique: ni pour changer le monde, ni pour penser qu’on peut le faire. J’ai essayé. Je laisse cela aux esprits, sûrement plus forts que le mien, capables de se tenir sur une seule ligne et de la défendre, parfois seuls contre tous.

J’ai approché un parti sur le pas de sa porte parce qu’il me proposait de dire ce que j’avais à coeur de dire, de parler de ce qui m’intéresse : des livres, de la langue française, du monde de l’édition, et, accessoirement, de le dire assez fort. Pour aucune autre raison. Il ne faut pas choisir à qui on essaie de faire comprendre les choses, avec qui on essaie de les faire changer, il faut essayer de les faire changer. Je n’ai pas à rougir ni à m’excuser, pas plus qu’il ne faut, ne faudra ni ne fallait associer mes actes, ma parole et mes idées à ce parti.

Ce n’est pas ici que j’ai trouvé le plus d’espoir. Ce n’est pas ainsi, au Front National, tel qu’il est, tel que je l’ai vu, que l’on changera le monde, que l’on apaisera la France à vif, que l’on se remettra tous ensemble sur un chemin plus droit, plus sûr, plus riche, que l’on amènera tout le monde à la culture, que l’on fera de la France un lieu ouvert au monde, foisonnant, inspirant, attirant pour les artistes.

Une intuition, que j’aurais dû écouter avant de m’engager dans cette galère, s’est vérifiée : culture et patriotisme ne font pas bon ménage, pas, en tout cas, dans l’esprit de celles et ceux – que j’ai rencontrés ! – pour qui un artiste français vaut mieux, doit être d’abord écouté, ou davantage respecté, qu’un artiste venant d’un autre pays. La culture, que l’on me pardonne cette expression facile, n’a pas de frontières. Ce sont les différences, si on daigne s’ouvrir à elles, les considérer comme telles, les respecter comme telles, qui forment un grand ensemble, malléable, protéiforme et passionnant que l’on appelle la culture. On met dans ce grand ensemble, évidemment, la culture française, l’Histoire de France, la musique, les arts, la littérature, l’architecture, mais on ne s’arrête pas au seuil d’un monument, on ne refuse pas d’ouvrir un livre ou d’écouter un morceau de musique avant d’en connaître la provenance. Les artistes et les créateurs ne sont pas des steaks hachés dont on veut contrôler l’origine avant de les consommer.

J’ai présenté ma démission à la commission culture, libertés et création du RBM – cela n’a surpris personne en son sein – il y a plusieurs semaines, puisque c’est là seulement que je suis intervenue.

J’ai observé, analysé, noté des choses étonnantes, souvent révoltantes, parfois réjouissantes. Je me suis enrichie d’une expérience, de rencontres, je me suis amusée, j’ai vécu, j’ai changé d’avis, j’ai tout mon temps encore pour cela.

Pour aller plus loin, dans cette vidéo figure mon intervention lors de l’émission Stupéfiant sur France 2, du 9 octobre 2016, où je m’attarde sur le sujet

 

Comics retournés, par Gabriela Manzoni, chez Séguier
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