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La bande à Vadim

Article initialement publié sur Causeur.fr

 

Arnaud Le Guern, éditeur et écrivain fugitif, est un habitué des tubes de l’été et des biographies élégantes. L’âme damnée de Paul Gégauff a eu ses faveurs en 2012. L’été dernier, nous nous abritions à l’ombre de son délicieux Adieu aux espadrilles. Et l’hiver est passé sur les plages de galets. Arnaud s’est enfermé avec une autre espèce d’alter-ego, Roger Vladimir Plémiannikov, dit Roger Vadim, créateur de blondes incendiaires de son état.

En résulte une biographie sur fond de « Je t’aime… moi non plus » entre Vadim et ses femmes, Vadim et ses films, Vadim et ses potes, Vadim et Vadim. Une écriture qui prend la lumière comme Bardot et languit comme Annette Stroyberg.

Playboys de profession, Le Guern et Vadim, bras dessus-bras dessous, foncent sur la route de Saint-Tropez, pied au plancher, pourvu que la vitesse fasse oublier les chagrins d’amour – qui donnent pourtant toute leur saveur à leurs consolations.

Qui plus est, le chic n’a jamais empêché le talent. Et Dieu… créa la femme est le plus grand film de sa génération. Les Liaisons dangereuses vadimiennes valent cent fois celles de Stephen Frears. On reverra toujours avec nostalgie Barbarella et Don Juan 1973 : vestiges d’une époque où rien n’était vraiment impossible, même de faire plaider le futur président Mitterand en sa faveur.

Auteur des Mémoires du diable et de L’Ange affamé – on n’est jamais mieux décrit que par soi-même – Vadim avait cette grâce de la désinvolture, le dilettantisme suffisant pour ne prendre au sérieux que ce qui devait l’être un instant. Cette biographie lui rend justice, évitant l’écueil de l’exhaustivité et de la chronologie, s’attardant plus volontiers sur les décolletés et les cocktails, sur le moteur d’une Ferrari et des griffures dans le dos.

 

1603177-brigitte-bardot-et-roger-vadim-photo-950x0-1Des années après que leur couple ait enflammé la planète, Brigitte Bardot lâchait ce simple mot: « Je l’aime bien, Vadim. Plus le temps passe et plus je l’apprécie. »  C’était ça, la bande à Vadim. Du champagne, des engueulades, des flirts, de la légèreté, on fait toujours mieux la révolution sans le faire exprès. Il y a fort à parier qu’Arnaud Le Guern y avait sa place réservée.

 

 

Arnaud Le Guern, Vadim, Un playboy français – Séguier

 

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